Ouais je sais : c'est quoi cet update pourri, 25 ans plus tard et tout.
Bah c'est juste que ça m'a frappée d'un coup ; j'ai jamais fait de compte rendu de ce putain de concert!
Alors même si vous vous en foutez, faut bien que ça passe à la postérité tout ça.
Bien que ce ne soit que fort peu objectif.
Vué, ça change pas trop de d'habitude ça, hun.
M'en fout d'abord.
Si vous z'êtes pas contents, allez voir ailleurs si j'y suis ou si je mange des vinyles à la place de manger de la nourriture normale.
Désolée, j'ai acheté un vinyle des Doors avec mon argent de midi, et ma mère l'a capté.
Et elle m'a demandé si j'allais le manger.
Elle est bête hein?
Un tit truc filmé par la télé,
avec que des conneries dedans (genre le vieux truc de la dernière tournée mondiale ; que nenni!)
Qu'une chose à dire au journaliste : quand vous dites "les papys du rock blahblahblah ..."
C'EST MEME PAS VRAI! ILS SONT PAS VIEUX ><
**********y'a que leur âge qu'est vieux
.
hem, bref, je m'égare.
SetList
* Start Me Up
* It's Only Rock'n Roll
* She's So Cold
* Bitch
* Monkey Man
* Let It Bleed
* Midnight Rambler
* I'll Go Crazy
* Tumbling Dice
* You Got The Silver (Keith)
* I Wanna Hold You (Keith)
* Miss You (to B-stage)
* Rough Justice (B-stage)
* Get Off Of My Cloud (B-stage)
* Honky Tonk Women (to main stage)
* Sympathy For The Devil
* Brown Sugar
* Satisfaction
* Jumping Jack Flash (encore)
*****Après un bien trop long trajet en train, après avoir chopé le Direct Soir lyonnais du jour et avoir feuilleté faiblement les pages à la recherche de THE article (trouvé et archivé précieusement), après avoir sauté dans le métro, après s'être placé dans la bonne queue (pas simple), après avoir attendu 17h30 l'ouverture des portes, après avoir tendu 15 fois mon billet à 15 vigiles différents, après achetage de T-shirt, après entrée dans le stade, après pipi, après mise en place du rdv post-concert avec mon oncle, après faufilage entre les gens pour être au plus pres de l'avancée (finalement collée contre x3), après re-attente jusque vers 19h, après tous ces trucs dont vous vous foutez complètement, Starsailor est chargé d'ouvrir le concert; c'est sans relief, mais les spectateurs applaudissent tout de même poliment le groupe de James Walsh.
Mais personne ne les retient quand ils laissent la scène libre pour leurs compatriotes.
*****Quelques gouttes s'étant évadées d'un gros nuage noir, les roadies se pressent sur scène pour essuyer chaque mètre carré du sol. L'angoisse de la pluie est bien présente dans tous les esprits. Mais tout le monde croise les doigts et s'impatiente. Moi je prie le Dieu du Rock.
Au prix où sont les places, les gens en veulent pour leur argent, et moi donc. Et on est quand même 25000 à avoir fait le déplacement.
21h10, par là (ponctuels mais pas trop : tout est dans la mesure) :
les écrans géants s'allument, la nuit tombe, la pression est à son comble, les yeux sont grands ouverts, un frisson te traverse alors qu'il doit faire 40°, ta tête te tourne, les images défilent jusqu'au Bigger Bang final, des explosions détonnent dans l'arène, et le riff de Start Me Up retentit.
Keith Richards est au premier plan, bientôt rejoint par Charlie Watts, Ronnie Wood et le sautillant Mick Jagger. Le rêve a commencé.
*****Le son n'est pas terrible. Mais peu importe, la foule est en folie.
A ma gauche, des jeunes de 25 ans par là. Ils connaissent toutes les paroles. Pas loin de moi, deux nanas sympas, l'âge de ma mère, à peu de chose près. D'autres gens dont je me rappelle plus. Un mec avec une bière et des santiags. En face, un couple. Et la langue n'est jamais loin, comme un symbole religieux; la messe a commencé, on ne nous arrêtera plus.
*****Pour continuer sur leur lancée, les Stones balancent It's Only Rock n' Roll.
Tout est dit dans le refrain : « I know, It's only Rock'n Roll but I like it ».
*****Après ce démarrage ultra-classique, les Pierres-qui-Roulent s'orientent vers un titre moins connu du grand public, She's So Cold. MA chanson, vué, la mienne de moi <3.
C'est typiquement dans le genre de titres un peu faiblards parus au début des années 1980, mais fuck, c'est mon délire XD.
*****Tout de suite après, on apprécie Bitch (tirée de Sticky Fingers, 1971) avec ses gros cuivres qui balancent.
*****Le meilleur est à venir avec une trilogie de morceaux parus en 1969 sur le fabuleux album
"Let It Bleed ".
*****D'abord, c'est Monkey Man qui amène Jagger à bondir d'une extrémité à l'autre de la scène.
C'est à ce moment-là le concert change totalement de ton: les quatre musiciens nous donnent tout ce qu'ils ont: on peut réellement se rendre compte qu'ils prennent leur pied: Ron Wood se lâche totalement, Keith Richards nous lance des solos impressionnants pour un sexagénaire, qu'à-t-il bien pu faire à ses doigts ?
Même Charlie Watts, dont son sérieux habituel nous questionne depuis 20 ans - mais que fait-il encore dans ce groupe ? - est en phase avec les autres membres: il se lâche sur sa batterie tout en souriant comme un gosse qui vient de découvrir l'instrument.
*****Puis tout se calme avec un superbe Let It Bleed qui doit beaucoup à la guitare slide de Ronnie Wood. Enfin, c'est une version dantesque (et rare) de Midnight Rambler qui fait dégouliner le blues dans le stade tout entier. Pendant un peu moins d'une quinzaine de minutes, Ron Wood & Keith Richards entourent Darryl Jones et font monter la pression.
En hommage à James Brown, le groupe nous offre ensuite I'll Go Crazy, avec l'appui de la chaleureuse voix de Lisa Fischer qui hurle à nous en faire péter les tympans. Du grand art.
Après ça, Tumbling Dice est parfait.*****
*****C'est maintenant l'heure de présenter le groupe en commençant par les choristes, les cuivres (dont le sax historique Bobby Keys), le clavier Chuck Leavell, et le génial bassiste Darryl Jones.
*****Vient le tour de Ron Wood. Belle acclamation du public. Et c'est la moindre des choses étant donnée l'importance de sa contribution à l'énergie sonore du groupe en live.
Ensuite, c'est l'inusable Charlie Watts qui est célébré par le public. Il fait rouler les baguettes sur les fûts avec son élégance jazzy, tandis que Mr Jagger annonce Keith Richards.
Ovation monumentale. Le chanteur disparaît. *****
*****Keith s'avance vers le micro et joue au Pirate des Caraïbes. Belle prestation d'acteur.
Belle prestation de chanteur aussi sur You Got The Silver accompagné par la guitare de Ronnie Wood.
Quand démarrent les accords de I Wanna Hold You que chante également le vieux Keith, on profite : la voix est claire et (presque) pure, seuls ses bras témoignent encore des décennies de défonce et d'excès en tout genre.
*****Quand Jagger revient, la batterie s'avance sur le devant de scène et on entend démarrer Miss You. Tandis que le stade chante les OuOuOu-Ou-OuOuOu (x2), une petite scène emmène les Stones au travers de la fosse.
C'est de la folie pure! Les mecs mythiques qui se rapprochent comme ça de leur public archi-fan, ça a quelque chose de grand. Ouais, c'est ca; de GRAND.
*****Arrivés au bout du stade, les vieillards balancent la meilleure chanson de leur dernier album,
Rough Justice.
Toujours sur la petite scène centrale (alias "beloved B-stage <3"), une exclusivité pour Lyon,
back to the sixties : Get Off Of My Cloud.
*****Je crois que je vais pleurer.
**********Je regarde autour de moi; des sourires, partout.
Plein d'étoiles aussi, dans les yeux des vieux comme des jeunes.
Comme quoi la musique rassemble.
Mon coeur rate un battement, mon estomac est retourné, ma gorge serrée, et je sens que c'est le moment qui me marquera à jamais. N'importe quand, n'importe où, c'est ce moment dont je me souviendrai toujours. Ce souvenir, il sera toujours prêt à réapparaître au moment précis où me viendra le désir de le revoir, et lorsque je le reverrai, j'éprouverai la même émotion que maintenant. Il rejaillira durant une conversation, une lecture, pendant une heure d'insomnie. Il pourra apparaître à l'improviste, ou de manière délibérée.
J'ai peur de retoucher Terre et personne ne veut descendre de ce nuage (orageux).
On en veut encore.
Sitôt dit, sitôt fait. Le riff le plus simple de l'histoire retentit et la Terre s'arrête de tourner : Honky Tonk Women, comme un live de 1969. Un bonheur.
La voix de Dieu est intacte, on ferme les yeux et on fait un bond en arrière de 40 ans.
*****Et la scène de revenir vers la langue géante qui s'est gonflée entre temps sur la scène centrale : LE truc complètement surréaliste (voir photo).
*****Le grand final peut alors démarrer. La scène s'illumine en rouge, les percussions résonnent et le diable Mick se hisse sur le haut de la scène : Sympathy For The Devil. Peut-être l'un des plus beaux moments de la soirée. Je tente de téléphoner, comme promis, à ma compatriote background-vocalist (= Mava) pour les fameux Hou-Hou!
Aucune idée du taux de réussite de la chose.
**********Pas le temps de faire reposer mon sourire béat (qui dure depuis plusieurs heures maintenant), puisque c'est au tour de Brown Sugar d'enflammer Gerland.
Mais ce n'est bien évidemment qu'un avant-goût avant les explosions qui accompagnent Satisfaction. Les gens pètent carrément les plombs. Les plus anciens hurlent les No-No-No de leur jeunesse. Les plus jeunes aussi (huhu). Un chouette moment de communion païenne.
C'est déjà la fin. Le groupe quitte la scène. Panique. Clappage dans les mains jusqu'à ce qu'elles brillent dans le noir. On attend fébrilement maintenant le retour des Rolling Stones. On attend le rappel. On espère Paint It Black (sioupli-sioupli-sioupliii).
*****Mais ce sera Jumpin' Jack Flash ; on ne boude quand même pas notre plaisir. Un JJF d'une rare intensité d'ailleurs, une apothéose terrible pour un concert dément.
Le seul problème, c'est que c'est vraiment la fin cette fois-ci.
Feux d'artifices, et les Stones tirent leur révérence. Plus d'espoir de retour, c'est bien connu: un rappel, et c'est tout. La foule continue d'applaudir
Tous les visages transpirent la satisfaction, le bonheur et le plaisir.
Vient mon fameux coma cérébral post-concert. A la puissance mille.
J'ai l'impression que mon coeur va exploser, les larmes de joie sont pas loin.
Je tente de respirer normalement alors que la concentration en gens diminue. Les premiers commencent à sortir, il y a une sorte de brouhaha euphorique.
Et j'ai l'impression de faire partie d'une grande famille.
Shit, FAMILLE! Retrouver mon oncle ! J'avais presque oublié.
Sous le coup d'une impulsion, je sors fébrilement le t-shirt acquis quelques heures auparavant et l'enfile.
Il ne me quittera plus jusqu'à mon retour à Strasbourg.
Je decroche de la rembarde, jette un dernier coup d'oeil vers la scene, inspire un grand coup et me met en marche, les étoiles dans les yeux, le coeur et la tête quelques décennies en arrière.
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*****Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier ce concert hors du commun, témoin d'un grand professionnalisme et d'une passion intacte.
**********Les 75â⤨¬ du billet ont été largement amortis.
***************Je ne sais pas (ne veux pas?) savoir à quoi ils carburent, les papys, mais j'ai été bluffée!
J'attends de voir quels groupes d'aujourd'hui réussiront à remplir autant de stades et à jouer avec autant d'énergie à plus de 60 piges...
Alors, quel bilan tirer de ce concert tant attendu ?
Un seul : les Rolling Stones sont TROP:
Ils sont trop nombreux sur scène. Ils invitent trop de gens dans de trop grands lieux. Ils ont un trop mauvais son en jouant dans des stades. Leurs places sont trop chères. Leurs vêtements (et leurs coupes de cheveux) sont trop ringardes. Leurs setlists sont trop convenues.
Mais ils sont aussi vraiment trop bons.